DURDA ZANIC ( peinture contemporaine et abstraite) - ECRIVAINE
TECHNIQUE : En 2003, je commence à peindre de manière plus régulière. Mes premières œuvres
représentent des scènes simples de la vie quotidienne : tasses, bouteilles de vin, étiquettes, aubergines, fleurs… Ces peintures étaient destinées à être exposées dans notre restaurant, La Cour des Grands, lieu de rencontres et de partage qui a longtemps nourri ma créativité.
Quelques années plus tard, je me tourne vers la peinture abstraite à l’acrylique. C’est dans cette discipline que je trouve véritablement mon langage artistique. L’abstraction me permet de m’affranchir du réel pour explorer les émotions, les tensions intérieures et les silences
enfouis. Elle devient un espace de liberté où je m’épanouis pleinement. J’ai eu l’occasion d’exposer mon travail en divers lieux, et plus particulièrement dans le restaurant de mon mari, qui a longtemps servi de vitrine à mes créations.
PARCOURS ARTISTIQUE :
D’origine croate, je suis arrivée en Belgique en 1968, à l’âge de huit ans, à la suite du décès de mon père. Ma mère, alors veuve et sans ressources, s’est retrouvée seule avec trois enfants à charge. Si elle s’est rapidement intégrée à son nouveau pays, mon adaptation a été plus difficile, notamment en raison de la barrière de la langue française, qui a longtemps constitué pour moi un obstacle majeur.
Très tôt, l’art est devenu un refuge. Dès mon plus jeune âge, je dessine instinctivement, presque comme une nécessité. À l’adolescence, je m’oriente vers l’aquarelle, un médium délicat qui m’apprend la patience, l’observation et la maîtrise du geste.
Parallèlement à la peinture, l’écriture s’est imposée à moi comme une autre forme d’expression essentielle. J’écris depuis 1991 : des proses, des fragments de vie, des instants saisis sur le vif. J’y consignais ce que je ne savais pas encore dire autrement — les émotions, les silences, les blessures du quotidien. Longtemps restée intime, presque secrète, cette écriture m’a accompagnée comme un fil souterrain, jusqu’au jour où elle a trouvé sa place au
grand jour.
Sur le conseil d’un proche, j’ai d’abord entrepris l’écriture de mon autobiographie. Mon premier livre, Entre toi et moi, paru le 1er août 2015, a marqué un véritable tournant dans ma vie. Mettre des mots sur mon histoire a été une étape fondatrice, à la fois libératrice et
structurante.
Très vite, l’écriture est devenue une évidence. En 2015, je publie mon premier roman, Le Saule pleureur. Suivront Dans la peau d’une autre, puis Le Rocher des deux Pélicans. Mon dernier projet, La route des coquelicots, est une saga familiale en trois tomes, dans laquelle se croisent mémoire, transmission, secrets et résilience — des thèmes qui traversent l’ensemble de mon œuvre, qu’elle soit picturale ou littéraire.
Aujourd’hui, peinture et écriture se répondent et se nourrissent mutuellement. Elles sont pour moi deux manières complémentaires de raconter, de comprendre et de transformer ce qui m’habite depuis toujours.